27 juin 2008

Aberrant

J'ai lu ceci cette semaine, et j'ai été troublé.

Ce qui m'a le plus déboussolé est le commentaire de la direction de l'école qui affirme qu'elle «reconnaît qu'il est toujours malheureux de voir des enseignants s'absenter pendant l'année scolaire notamment à cause des congés parentaux. "Parfois il y a un roulement et une série de remplaçants mais un suivi est toujours fait auprès des élèves", assure-t-il.»

Comment peut-on affirmer que les congés parentaux sont la cause de l'échec de certains élèves? Ne pourrait-on pas plus tôt blâmer la pénurie d'enseignants qualifiés dans la région de l'Outaouais? Je n'ai pas de chiffres précis sous la main, mais il est connu que les directions d'école ont de la difficulté à recruter des enseignants qualifiés - spécialement en mathématiques et en sciences.

Les raisons de cette pénurie sont multiples. Il y a tout d'abord l'absence d'un programme d'enseignement des sciences à l'UQO; ensuite le peu de gradués en enseignement dans la région; les conditions salariales supérieures en Ontario - de l'autre côté de la rivière; et finalement l'attrait grandissant pour plusieurs enseignants de la fonction publique fédérale, où les conditions salariales, mais aussi les conditions e travail sot meilleures que dans l'enseignement.

L'enseignement étant un milieu majoritairement féminin, il y a certains risques qu'il soit plus touché par les congés parentaux, mais il y a un risque que la société doit être prête à accepter pour que la situation familiale du Québec s'améliore.

Je ne dis pas qu'il faut «repeupler» le Québec au détriment de la génération actuelle, mais il ne faudrait tout de même pas remettre tout le blâme de la situation actuelle de pénurie d'enseignants sur les congés parentaux - une situation que l'Outaouais connaît, mais pas nécessairement toutes les autres.

2 commentaires:

Sylvain a dit...

En jasant avec des enseignants hier, on se disait comment la situation avait évolué depuis 30-35 ans en éducation, qui faisait en sorte que le métier n'est plus autant valorisé, et que les conditions de travail se sont détériorées à un point qui, je crois, est rendu crucial pour l'avenir de la profession...

Mathieu Noppen a dit...

Pas étonnant en effet que près de 25% des jeunes enseignants quittent dans les 5 premières années après l'obtention de leur brevet.
Même dans le milieu où je travaille, il y a quelques enseignants qui partent travailler dans la fonction publique fédérale pour avoir un meilleur salaire, pas de travail le soir, ni la fin de semaine, et la possibilité - en quelques années - d'avoir autant de congés qu'un enseignant.