26 avril 2006

Incertitude

Je me retrouve encore une fois dans une situation incertaine. En effet, en juin mon contrat d'enseignement se termine. Pour le moment la direction de l'école où je suis présentement ne peut pas me garantir que j'aurai de l'emploi en septembre, puisque je suis en remplacement d'un congé de maternité. Les deux directrices me disent par contre qu'elles aimeraient bien pouvoir me garder, mais elles ne savent pas si cela va être possible.

Les quelques élèves qui sont au courant de ma situation me demandent toujours si je vais travailler l'an prochain. Les joueuses et les parents de mon équipe de basket me demandent si je vais être leur entraîneur l'an prochain. À chaque fois, je dois leur dire que je suis incertain de tout et que pour le moment je suis en attente d'une réponse positive.

Je vous tiens au courant.

Étudiantes / athlètes

Comme je le disais plus tôt je suis entraîneur de basket-ball dans mon école. Cette année, j'ai pris la charge de 2 équipes. Mes collègues me trouvaient très courageux, et parfois même, assez fou. Mais il s'agit d'une autre histoire.

Les joueuses qui faisaient partie des équipes sont d'abord et avant tout des étudiantes, et encore plus des jeunes adolescentes qui vont faire des gaffes. On vient à créer des liens avec ces élèves, surtout lorsqu'on les côtoie dans un contexte différent. Quand on apprend qu'un d'entre elle fait quelque chose qui n'est pas nécessairement bon pour elle, on a tendance à réagir différemment que lorsqu'il s'agit d'une autre élève. Encore plus lorsque l'on intercepte un message en classe dans lequel il est question d'aller «fumer» à l'heure du midi.

Ma première réaction a été de prendre le message et d'aller le jeter à la poubelle. Je me suis ensuite dit qu'il était mon devoir d'éducateur d'intervenir et de faire un message aux personnes concernées - facilement identifiables puisque leurs noms sont sur le papier . Voici donc en gros ce que je leur ai dit. «Je ne peux pas juger ce que tu fais de tes temps libres, mais je peux simplement de suggérer de faire attention à ta santé, et surtout de ne pas adopter des habitudes qui peuvent néfastes pour ton corps à un si jeune âge!»

Les 2 personnes en questions sont restées surprises de ma réaction. Elles devaient s'attendre à ce que je leur sorte toute sorte d'argument contre la cigarette, mais en même temps, je sais qu'elles ont tout entendu. Souvent, un avertissement de la sorte peut avoir meilleur effet que de leur rappeler ce qu'elles entendent toujours. Je sais que ça fonctionnait pour moi.

Je me suis un peu égaré de mon sujet de départ. J'espère simplement qu'elles vont considérer le pour et le contre par elle-même et qu'elles vont prendre la meilleure décision, qui peut ne pas être ce que j'aurais choisi à leur âge.

20 ans déjà!

Je n'étais qu'un enfant lorsque cet événement s'est produit, mais j'en ai tellement entendu parler dans les dernières années. Depuis une semaine, nous sommes inondés de reportages, à la radio, à la télévision, ou encore dans les journaux, à propos du 20e anniversaire de cette tragédie. Des tonnes d'information à propos de cette catastrophe qui a changé la vision que nous avons de l'énergie nucléaire.

Un hommage aux victimes a été rendu ce matin dans notre école. La majorité des élèves ne connaissaient rien de cet événement. Ce fut donc un moment de faire comprendre à nos élèves ce qui a pu se passer avant même leur naissance et qui affecte encore la vie de plusieurs personnes.

Parler, oui mais comment?

Depuis le début de l'année, mon plus gros problème en classe survient quand je dis à mes élèves que j'aimerais qu'elles ne s'expriment uniquement qu'en anglais. Évidemment, à chaque fois, les filles me répondent « monsieur on a peur de faire rire de nous. » ou encore « on sait pas comment ». Après avoir vu ceci, j'ai décidé de le remettre à mes élèves en prenant le temps de leur expliquer à quoi cela servait, et aussi comment elles pouvaient l'utiliser. Certaines ont vu qu'il pouvait y avoir une certaine utilité à cette feuille, mais d'autres m'ont demandé « c'est quoi le rapport avec le fait de parler anglais?»

Je ne leur ai remis qu'en début de semaine, mais je peux voir que certaines ont déjà commencé à l'utiliser, ou du moins essayer de l'utiliser, en l'ayant sur le coin du bureau lors des cours, mais d'autres l'ont déjà perdu. J'ai beau leur dire que la meilleure façon de faire est de pratiquer en parlant durant les cours d'anglais, il y en a toujours qui refusent de le faire et qui s'attendent à être parfaitement bilingue sur papier, sans jamais avoir dit le moindre petit mot dans la langue de Shakespeare.

En fin de compte, on ne peut pas vouloir apprendre plus que nos élèves, mais je suis quand même déterminé à faire en sorte qu'elles ne voient pas que l'apprentissage de l'anglais est quelque chose de difficile, ni quelque chose de «plate» «endormant» ou encore «redondant», même s'il est parfois nécessaire de revenir sur les mêmes apprentissages, de façon à s'assurer que l'ensemble de la classe comprend.