15 octobre 2005

Le respect de l'élève

Petite discussion commencée ici, mais qui a pris une autre tournure du moins de ma part.

Je la continue donc par moi-même...

En tant qu'enseignant, il nous arrive fréquemment de discuter de la situation entourant un élève en particulier, pour voir si son comportement se reproduit dans d'autres cours, ou s'il s'agit uniquement d'un événement qui se produit lors de notre cours. Il arrive aussi que nous reparlions d'un élève en particulier quand à l'extérieur du milieu scolaire. Qu'on le veuille ou non, comme le dit Stéphane, nous créons involontairement l'effet de Pygmalion, en informant les enseignants d'un niveau supérieur du comportement d'un élève en particulier lors de nos cours.

Dans mon cas, en tant qu'enseignant, je me fais une impression de chacune de mes élèves et j'essaie, sans le remarquer de ne pas porter trop de jugements négatif sur une élève lors des cours. Cependant, lorsque je mets mon chapeau d'entraîneur j'ai souvent une idée préconçue à propos de certaines élèves, simplement à cause de leur comportement dans les cours. Je remarque aussi des choses qui se déroule lors des entraînement et des parties. Mais de plus en plus, les impressions que je me fais à propos des joueuses se répercutent lors des cours aussi. On dirait que je suis moins patient envers celles qui font partie de mon équipe et qui ont souvent tendances à ricaner un peu lors des entraînements.

Le problème est le suivant; les élèves me voient d'une certaine façon lors des cours, elles doivent me respecter par le vouvoiement, et dans le gymnase elles ont le droit de me tutoyer, tout en me respectant. Comment, donc puis-je demander aux élèves de me voir comme 2 personnes différentes - enseignant et entraîneur - alors que de mon côté, la joueuse et l'élève ne font souvent qu'un.

Je comprends de plus en plus la problématique soulevé par certains de mes anciens collègues entraîeneurs qui avaient de la difficulté à enseigner à ceux qui faisaient partie de l'équipe qu'ils entraînent. Mais en même temps, les chances que je retrouve ne serait-ce qu'une seule élève à l'intérieur de l'équipe que j'entraîne sont tellement élevées, que si j'applique ce réglement pour moi-même, je ne pourrais plus entraîner pour l'institution scolaire pour laquelle je travaille.

Il s'agit pourtant d'une excellente façon d'apprendre à connaître certaines élèves sous un autre jour et d'établir une relation différente de celle de l'enseignant et de l'élève. Je ne crois pas laisser tomber le sport scolaire - ça fait partie de ma vie depuis plus longtemps que l'enseignement - mais je vais devoir changer ma façon de voir les choses pour être le plus objectif possible envers les élèves-athlètes.

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